Anonymisation statique vs dynamique

La longue attente a pris fin. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l'Union européenne est entré en vigueur. Dans votre entreprise comme dans bien d'autres, vous avez sans doute eu des échanges sur les problématiques de conformité. Si le champ d'action du RGPD est vaste, l'une des inquiétudes qui revient le plus souvent dans ces conversations est celle de la protection de la vie privée des personnes lors de l'utilisation de la vidéosurveillance.

La technologie employée pour masquer l'identité des personnes et les informations saisies par la vidéo est appelée anonymisation. L'anonymisation existe depuis un certain temps mais la technologie a évolué au fil des ans. En effet, on distingue aujourd'hui deux types d'anonymisation : statique et dynamique.

Quelle est la différence ? On peut faire une analogie entre ce qui sépare ces deux technologies et ce qui différencie la détection de mouvement de l'analyse vidéo. Les deux ont des objectifs similaires mais les atteignent avec des niveaux de précision très différents, et sont donc plus ou moins utiles pour l'opérateur. Il est donc important de connaître la différence pour savoir quand employer quoi.

Qu'est-ce que le masquage ?

Le masquage est la dissimulation ou l'anonymisation d'une portion de la vidéo. On y parvient généralement en floutant une partie de l'image. 

L'anonymisation traditionnelle est de nature statique : le masque bloque certaines portions d'une image ou d'un flux vidéo en direct. Cette forme d'anonymisation est dite « statique » parce qu'elle dissimule une portion spécifique d'une image. Généralement, cette opération se fait directement sur la caméra et peut être utilisée, par exemple, pour masquer le pavé numérique d'un terminal de carte de crédit dans une vue verticale d'une caisse enregistreuse. Le masque est intégré à la vidéo et il est impossible à retirer ultérieurement.

Récemment, certains fournisseurs ont ajouté cette fonctionnalité de retrait aux systèmes de gestion de la vidéo (VMS), permettant ainsi d'ajouter ou de retirer le masque en fonction des droits et privilèges d'accès de l'utilisateur. Mais dans ce cas, la vidéo d'origine est alors stockée sans aucun masque, et l'anonymisation se fait par l'ajout d'un calque dans l'application du client.

Anonymisation statique de vidéosurveillance

Anonymisation statique

L'approche dynamique masque tous les objets concernés (généralement des objets ou des personnes en mouvement), tandis que tout le reste de l'image est visible, comme dans une application de vidéosurveillance habituelle. Il n'y a donc de masque sur l'image qu'aux endroits et aux moments où c'est nécessaire. Cela vous permet d'enregistrer des vidéos dans des espaces fortement sensibles comme les toilettes publiques ou près des cabines d'essayage des magasins de prêt-à-porter.

Vous pouvez toujours voir et reconnaître les incidents quand ils se produisent (chute, agression, etc.) mais vous ne pouvez pas encore identifier les personnes concernées. Seuls les utilisateurs authentifiés, disposant des autorisations adéquates, auront accès à la vidéo d'origine pour l'examiner. Non seulement cette approche protège la confidentialité des personnes, mais elle offre un éventail bien plus large d'applications que les masques statiques qui nécessitent de définir la zone à masquer dès le départ.

Anonymisation dynamique

Application de masques dans le logiciel de l'opérateur et suppression des données d'identité

Si des masques statiques ou dynamiques sont appliqués par le VMS, il convient de faire une distinction importante entre les méthodes de création du masque. Certaines applications appliquent une superposition sur l'interface côté client lors du visionnage de la vidéo, comme dans le cas de l'analyse vidéo. En fonction des privilèges de l'utilisateur, la superposition est visible ou non. Toutefois, la vidéo d'origine reste stockée en l'état, sans aucun masque. Du point de vue de la protection des données, la vidéo contient toujours des informations privées qui sont stockées et transférées du serveur au client. Si cette communication est interceptée, toutes les données privées sont accessibles.

D'autres solutions, quant à elles, éliminent entièrement l'identité des personnes du flux anonymisé, pour que ces informations ne soient pas disponibles dans le flux lui-même. En termes de protection des données, c'est ce que l'on appelle l'anonymisation. Contrairement au masquage statique, la vidéo d'origine reste récupérable en basculant sur un deuxième flux. Le grand avantage de cette approche est que le deuxième flux peut être stocké de manière chiffrée sur l'Archiveur : seules les portions qui doivent être consultées sont transférées via le réseau. On satisfait ainsi le « principe de minimisation des données » qui indique que les données ne doivent être créées, stockées et transférées qu'en cas de nécessité.

Pour en savoir plus sur l'anonymisation, lisez notre brochure KiwiVision Privacy Protector.

À propos de l'auteur

Florian Matusek

Florian Matusek, Product Group Director - Video Analytics, Genetec Inc.

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